Toute nouvelle agression militaire dans la région du golfe Persique, suscitée par Israël, pourrait avoir un impact dévastateur sur les marchés mondiaux de l’énergie. C’est l’avertissement émis ce mercredi 28 octobre par le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, dans un message publié sur X.
Dans son poste, le chef de la diplomatie iranienne a souligné que les répercussions d’une telle action sur les marchés internationaux demeurent une préoccupation majeure, tant pour les fournisseurs de gaz que pour les consommateurs.
Il a ajouté que la diplomatie énergétique iranienne a progressé lors du 8e sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), où les discussions ont porté sur les marchés mondiaux du gaz et la sécurité énergétique.
Organisé mardi à Moscou, ce sommet a également offert à la République islamique d’Iran et à la Russie l’occasion d’examiner les moyens d’approfondir leur coopération bilatérale.
Lors d’une rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine, en marge du sommet, le président iranien Massoud Pezeshkian a souligné que les pays de la région sont en mesure de résoudre leurs difficultés grâce à leur propre coopération, sans intervention des États-Unis.
Par ailleurs, le ministre iranien du Pétrole par intérim, Hamid Bovard, a vivement contesté les prévisions controversées du secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, qui a avancé à tort que l’Iran serait confronté à de graves pénuries d’essence cet hiver et conseillait aux Iraniens de faire des réserves de carburant.
« Au lieu de conseiller aux Iraniens de faire des réserves de carburant, le secrétaire américain au Trésor ferait mieux de se préoccuper du prix que paient ses propres concitoyens », a écrit M. Bovard sur X.
Tandis que l’Iran faisait progresser sa diplomatie gazière à Moscou, les États-Unis s’employaient dans l’urgence à sécuriser leurs approvisionnements en gazole, a-t-il ajouté, avant de souligner que les conseils de Bessent devraient plutôt s’adresser aux Américains, qui paient depuis des mois le prix de l’aventurisme du président américain Donald Trump.
Ces déclarations interviennent dans un contexte d’escalade des tensions entre Téhéran et Washington. L’Iran a averti que toute nouvelle agression américano-israélienne se heurtera à une riposte bien plus douloureuse.
Donald Trump a menacé de recourir à une action militaire après les élections américaines de mi-mandat. Interrogé par des journalistes sur une éventuelle attaque contre l’Iran, il a dit que tout était possible.
Au cours de leurs précédentes vagues d’agression contre l’Iran, les États-Unis et Israël n’ont pas atteint les objectifs affichés, tandis que la campagne de sanctions illégales menée par Washington n’a pas réussi à contraindre Téhéran à se soumettre aux exigences excessives américaines.
Les perturbations dans le détroit d’Ormuz ont mis en évidence les conséquences économiques plus larges de la guerre et accentué les inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique mondial.
Par ailleurs, la guerre menée par l’Arabie saoudite contre le Yémen constitue une nouvelle menace pour la sécurité maritime régionale. Le détroit de Bab el-Mandeb apparaît ainsi comme un autre point de tension pour le transport maritime et l’acheminement mondial de l’énergie.