La coordination de Gilets jaunes a annoncé un «acte II» des manifestations pour samedi 24 octobre, une semaine après une première journée de mobilisation contre la vie chère, qui a donné lieu samedi 17 octobre à des violences dans plusieurs villes en France. Le texte réclame la démission du président français, Emmanuel Macron.
Sur le site 17octobregiletjaune.net, cette coordination a affiché une carte des mobilisations prévues le 24 octobre avec déjà plusieurs dizaines d’actions programmées, écrivant que « Macron doit partir et laisser la place au peuple ! ».
Le militant Benjamin Ball, à l’origine du site internet, a appelé à la convergence des luttes entre Gilets jaunes, jeunes, retraités, défenseurs du climat, agriculteurs, quartiers populaires. « 100% de ce qui arrive, c’est la responsabilité d’Emmanuel Macron et de son gouvernement. S’il veut arrêter tout ça, il n’y a qu’une chose à faire, c’est de répondre aux revendications », a-t-il ajouté.
Selon les auteurs de l’appel, 800 000 personnes ont défilé partout en France le 17 octobre lors de plus de 1 700 actions (ronds-points, stations-service, péages, dépôts, raffineries).
Le texte réagit également aux propos d’Emmanuel Macron du 18 octobre. « Ceux qui ont détruit doivent payer, ceux qui ont pillé doivent rembourser (...). Nous serons intraitables », a-t-il dit lors de son allocution, refusant d’utiliser le terme de « violences policières ». La coordination des Gilets jaunes a dénoncé un « discours vide » du président français, après son allocution à la télévision dimanche soir.
Violences policières dénoncées
L’appel affirme que la place de la République, à Paris, a été gazée avant le départ du cortège et que des charges auraient visé des manifestants pacifiques à Strasbourg.
Il fait état de blessures sérieuses : une main arrachée à Saint-Étienne, un œil perdu à Mulhouse, une main perdue par un garçon de 15 ans à Lens, un œil perdu par un lycéen de 16 ans à Tours. Il évoque aussi plus de 550 gardes à vue à Paris et en petite couronne, ainsi que la mort d’un membre de la « street medic » sous les coups de violences policières.
Revendications
Les signataires demandent notamment : le respect du droit de manifester, de se réunir et de faire grève, la condamnation des violences policières, l’interdiction des grenades de désencerclement contre les manifestants, la fin des interpellations de masse et des gardes à vue de mineurs, la démission du président français Emmanuel Macron et « la fin de cette démocratie représentative ».
L’appel établit un parallèle entre l’interdiction de rassemblements et l’état d’urgence, dont la loi date du 3 avril 1955, et rappelle son usage lors de la guerre d’Algérie, en 2005, puis de 2015 à 2017.
Pour rappel, en France, le samedi 17 octobre était une journée de mobilisation nationale contre la « vie chère » (inflation, prix des carburants et de l’énergie en forte hausse, pouvoir d’achat, services publics). Elle a rassemblé une convergence de luttes : anciens Gilets jaunes, lycéens (mouvement lycéen en cours depuis fin septembre autour des conditions scolaires, syndicats (notamment CGT), étudiants, retraités, et militants divers.
En même temps, Sébastien Lecornu a annoncé une série de mesures ce lundi, à l’issue de la cellule interministérielle de crise qu’il a présidée. Le Premier ministre a demandé aux préfets de « déclencher un certain nombre de couvre-feux » ce lundi soir.