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France : l’acte V de la mobilisation lycéenne marqué par de nouveaux débordements

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
À Rennes, les forces de l’ordre sont intervenues au lycée Bréquigny, jeudi 1er octobre. ©Ouest France

Le 13 octobre, l’« acte V » lycéen a donné lieu à de nouveaux débordements à Paris. Les syndicats revendiquent 480 000 manifestants en France. Dans le sud du pays, le quotidien français Le Figaro fait état de près de 1 000 interpellations liées aux violences, concernant principalement des mineurs.

La cinquième journée de mobilisation des lycéens a une nouvelle fois dégénéré dans les rues de Paris, le 13 octobre. Près des Invalides, des individus masqués ont lancé des pavés sur les policiers. Une voiture a pris feu et un magasin a été saccagé. Les forces de l’ordre ont utilisé des gaz lacrymogènes et un canon à eau pour disperser les groupes les plus violents.

Deux cortèges ont traversé Paris, où le ministère de l’Intérieur a recensé 41 500 manifestants. Dans toute la France, les autorités ont comptabilisé 161 500 participants, contre 480 000 revendiqués par les syndicats.

Dès le matin, des tensions avaient éclaté devant l’université Panthéon-Assas, dont les accès étaient bloqués par des étudiants. Les débordements ont ensuite gagné le centre de Paris. Malgré les interventions policières, les manifestants dispersés revenaient une fois les gaz dissipés.

Les violences ne se limitent plus à la capitale. Dans le sud de la France, près de 1 000 personnes ont été interpellées dans le cadre du mouvement lycéen, rapporte Le Figaro. La grande majorité d’entre elles sont mineures. À Lyon, la manifestation du 13 octobre a dû être dispersée après des dégradations de commerces et des attaques contre les policiers.

Le bilan judiciaire national est plus lourd encore. Au 8 octobre, le ministère de la Justice recensait 6 877 placements en garde à vue depuis le début des troubles, dont 86 % concernaient des mineurs. Plus de 2 300 personnes faisaient déjà l’objet de poursuites judiciaires.

Les lycées paient également le prix des violences. En Île-de-France, plus de 110 établissements avaient été endommagés depuis la mi-septembre.

Le coût des réparations était estimé à 8,5 millions d’euros. Le ministère de l’Éducation nationale dénombre, quant à lui, 147 membres du personnel blessés.

Les méthodes des forces de l’ordre suscitent une colère grandissante. Le 13 octobre, 36 enquêtes avaient déjà été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) concernant des faits présumés commis depuis le début du mouvement.

A lire: Mobilisation lycéenne en France : le maire de Saint-Denis dénonce le racisme dans les interventions policières

Le 7 octobre, Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, avait suspendu l’usage des grenades assourdissantes lors des manifestations lycéennes. Cette décision faisait suite au drame de Lens, où un adolescent de 15 ans avait eu la main arrachée. Deux jours plus tard, l’ONU avait mis en garde contre un « recours disproportionné à la force ».

Laurent Nunez défend toutefois les interpellations. Devant l’Assemblée nationale, le 13 octobre, il a rappelé que la police devait intervenir lorsque des violences étaient commises. Les milliers de placements en garde à vue n’ont cependant pas mis fin à la mobilisation.

Le gouvernement tente également de répondre aux revendications scolaires. Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a promis 3 000 professeurs remplaçants.

Mais les organisations de jeunesse réclament toujours dix milliards d’euros supplémentaires pour l’enseignement public ainsi que la suppression de Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur.

Si le nombre de lycées bloqués a diminué, les organisateurs ne comptent pas abandonner leur mouvement. Ils appellent désormais à rejoindre les manifestations du 17 octobre contre la vie chère, dans l’espoir de rallier d’autres catégories de la population.

À Paris, Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne, a affirmé que les lycéens ne lâcheraient rien et ne braderaient rien.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV