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Mobilisation lycéenne en France : le maire de Saint-Denis dénonce le racisme dans les interventions policières

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a participé à la mobilisation lycéenne, le 6 octobre à Paris. ©AFP

Dans un entretien accordé au quotidien espagnol El País, publié ce samedi 10 octobre, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, membre de La France insoumise (LFI), a jugé « très clair » que des actes de « racisme » puissent se produire lors des interventions des forces de l’ordre françaises. Il estime que les méthodes policières diffèrent selon que les agents interviennent dans des quartiers aisés ou populaires.

Les images de Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, lors des manifestations lycéennes ont également retenu l’attention de l’autre côté des Pyrénées. Dans son édition du 10 octobre, El País décrit l’élu comme « un homme noir, grand et mince, en costume-cravate », qui se place entre les policiers et les jeunes, les bras ouverts, en les suppliant de ne pas attaquer. Le quotidien espagnol présente Saint-Denis comme « l’une des banlieues les plus défavorisées de Paris ».

Interrogé sur ces images, largement diffusées sur les réseaux sociaux, Bally Bagayoko a expliqué être intervenu parce qu’il n’y avait que des lycéens terrifiés et figés sur place. « C’est pourquoi j’ai essayé d’arrêter la charge avec mon corps et ma voix », a-t-il déclaré. À la question de savoir si les jeunes le considéraient comme l’un des leurs, voire comme un leader, il a répondu : « Ils me voient comme un père ou un grand frère ».

Au cours de l’entretien, le maire a également reproché à la police de manquer cruellement de discernement face aux jeunes, dont l’immense majorité manifeste pacifiquement.

« Comment expliquer qu’un policier ait étranglé un garçon de 14 ans ? Comment expliquer que les armes utilisées par la police puissent fracturer la mâchoire d’un mineur ? C’est surréaliste. Ce sont les enfants de la France ! Sauf que la République les considère comme des étrangers, bien sûr », a-t-il dénoncé.

Interrogé par le journaliste sur la présence de racisme dans les interventions policières, Bally Bagayoko a répondu sans détour : « Bien sûr. C’est très clair. Leur façon d’intervenir varie considérablement selon la classe sociale concernée. Il y a une manière de faire dans les quartiers aisés et une autre dans les quartiers populaires. Et c’est un acte de discrimination que nous devons condamner ».

Ce n’est pas la première fois que des élus de La France insoumise accusent la police de racisme. Le parti est lui-même accusé par le gouvernement d’être « à l’origine du mouvement » lié à la crise lycéenne.

Fin juillet 2025, la députée LFI du Val-d’Oise Gabrielle Cathala avait évoqué, sur le plateau de RMC, un « racisme généralisé dans la police ». Selon elle, ce phénomène « empêche les personnes d’aller porter plainte parce qu’elles savent qu’elles ne seront sûrement pas écoutées ».

En mars 2024, le député LFI de Seine-Saint-Denis Thomas Portes avait, lui aussi, dénoncé un « racisme systémique dans la police française » sur le plateau de BFMTV. Il avait notamment expliqué « avoir la chance d’être blanc et de n’avoir jamais quasiment de contrôle d’identité », en réponse à une question d’un journaliste lui demandant s’il s’arrêtait lorsqu’il voyait un policier lui faire signe de s’arrêter.

Selon les chiffres communiqués par le ministère de l’Éducation nationale, situé rue de Grenelle, et par les syndicats, plus d’une centaine de personnels de l’Éducation nationale, près de 200 lycéens et au moins 760 membres des forces de l’ordre ont été blessés au cours de la semaine écoulée.

Depuis le début de la mobilisation des lycéens, plus de 6 800 jeunes ont été placés en garde à vue. Dans 86 % des cas, il s’agit de mineurs. 21 placements en détention provisoire ont été ordonnés, concernant 15 majeurs et 6 mineurs. Certains avocats et parents dénoncent des interpellations disproportionnées.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, qui a indiqué suivre la situation avec « inquiétude », a appelé vendredi 9 octobre toutes les parties à veiller au maintien du caractère pacifique des rassemblements et les forces de l’ordre à éviter tout « recours disproportionné à la force ».

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV