Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que la France ne recherche pas une paix pour tous, mais cherche à préserver son monopole de la puissance militaire et sa capacité à intimider autrui.
Esmaïl Baghaï a formulé ces remarques dans une publication sur le réseau social X ce vendredi 9 octobre, en réponse aux propos du président français Emmanuel Macron, formulés lors d’un essai de missile balistique capable d’emporter une ogive nucléaire : « Pour être libre, il faut être craint, et pour être craint, il faut être puissant. »
M. Baghaï a mis ces propos en contraste avec la position de Macron concernant l’Iran — pays qui n’a jamais cherché à acquérir l’arme nucléaire — en citant le président français : « L’Iran ne doit jamais posséder l’arme nucléaire. Ni aujourd’hui, ni dans cinq ans, ni dans dix ans. Jamais. »
Le porte-parole de la diplomatie iranienne a souligné que la question n’est pas de savoir pourquoi la France possède une force de dissuasion nucléaire, mais pourquoi Paris considère sa propre dissuasion comme essentielle pour garantir sa sécurité et sa liberté, tout en qualifiant les activités nucléaires iraniennes de « menace », bien que le programme de Téhéran soit pacifique et soumis à une surveillance internationale.
« La dure réalité est la suivante : ils ne souhaitent pas une paix pour tous. Ils veulent se réserver le monopole sur un type de puissance qui inspire la crainte et le monopole de la légitimité à intimider », a écrit Esmaïl Baghaï.
« Une paix où les puissances nucléaires considèrent leurs propres armes comme les garantes de leur liberté et de leur sécurité, mais qualifient cette même logique de menace lorsqu’elle est invoquée par d’autres, n’est pas une paix véritable. C’est un monopole de la puissance fondé sur un sentiment de supériorité », a-t-il dénoncé.
Le diplomate a ajouté qu’un ordre international qui s’abstient de reconnaître le droit de chaque pays à la sécurité et à la paix sert la domination d’un cercle restreint de puissances [sur autrui] plutôt que de protéger la paix elle-même.
L’Iran maintient une position constante concernant son programme nucléaire pacifique, en s’appuyant sur la fatwa du Leader martyr de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, qui interdit l’acquisition d’armes nucléaires.
Signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), l’Iran soutient que son programme est exclusivement pacifique et qu’aucun détournement de matière nucléaire n’a été constaté après plus de deux décennies d’inspections.
Malgré cela, et malgré les inspections approfondies de l’agence onusienne sur les installations nucléaires iraniennes, le régime israélien s’efforce depuis longtemps de présenter le programme iranien comme une menace.
Le régime a persuadé l’administration du président américain Donald Trump de lancer deux vagues d’agression contre l’Iran en juin 2025 et février 2026, sous le prétexte fallacieux d’un détournement du programme nucléaire civil.
Lors de ces deux conflits, les agresseurs ont pris pour cible des infrastructures civiles iraniennes, notamment des installations nucléaires, en violation flagrante du droit international et du TNP.