Le général de division Ali Abdollahi, chef d’état-major des forces armées iraniennes, a présenté un cadre stratégique en cinq points visant à instaurer une paix et une sécurité durables en Asie de l’Ouest. Il a proposé le « mécanisme d’Ormuz » destiné à remplacer l’architecture sécuritaire américaine, jugée « obsolète », dans la région.
Dans un message publié ce mardi 3 novembre, à la veille de la Journée nationale de lutte contre l’Arrogance mondiale, le général Abdollahi a souligné que l’Iran ne se contentait plus de gérer les crises, mais participait activement à « l’élaboration d’un nouvel ordre » régional.
« Pour nous, la puissance militaire n’est pas une fin en soi ; c’est un outil », a déclaré le général Abdollahi, ajoutant : « Compte tenu des réalités et des exigences de notre époque, notre doctrine a évolué : elle est passée de la “défense” à “l’initiative offensive”, et de la “gestion des crises” à la “création d’un ordre”. »
Le général Abdollahi a tracé une feuille de route précise pour la stabilité régionale, affirmant que toute architecture sécuritaire durable en Asie l’Ouest devait reposer sur des principes stratégiques non négociables.
Au cœur de cette doctrine figure l’exigence d’un arrêt complet des hostilités sur tous les fronts, notamment au Liban et à Gaza. Le général Abdollahi a insisté sur le fait que mener des négociations tout en proférant des menaces était inacceptable.
Cette exigence doit s’accompagner de la levée totale de toutes les sanctions économiques et du dégel des avoirs iraniens saisis.
Par ailleurs, le chef des forces armées iraniennes a souligné que les États-Unis et leurs alliés doivent verser des réparations pour des guerres imposées, affirmant avec fermeté que « la nation iranienne n’est pas débitrice, mais créancière ».
Afin de sécuriser les points de passage maritimes vitaux de la région, cette doctrine exige la pleine reconnaissance de la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz. Elle propose la mise en place du « mécanisme d’Ormuz », destiné à remplacer définitivement le mécanisme sécuritaire américain que le général Abdollahi a qualifié d’« obsolète et de défaillant ».
En fin de compte, le général Abdollahi a conclu qu’une véritable stabilité exige des garanties inébranlables contre toute future agression étrangère, ainsi que la mise en place, en Asie de l’Ouest, d’architectures de sécurité endogènes — internes à la région — qui excluent strictement toute intervention extérieure.
« Ces cinq principes ne constituent pas un plan de paix élaboré dans une position de faiblesse », a précisé le général Abdollahi. « Il s’agit d’une doctrine d’établissement de l’ordre formulée dans une position de puissance et à la lumière d’une résistance active. »
L’Iran, « quatrième pôle » de puissance
Évoquant l’évolution du paysage géopolitique, le chef d’état-major a souligné que la guerre hybride en cours entre l’Iran et les États-Unis redessine fondamentalement la géométrie de la structure de puissance mondiale.
En sécurisant et en contrôlant le détroit d’Ormuz — point de passage stratégique le plus vital au monde pour l’énergie — et en définissant les règles d’accès à celui-ci, l’Iran s’est imposé, de manière définitive, comme le « quatrième pôle de puissance » sur la scène internationale, a-t-il déclaré.
Par conséquent, l’ordre mondial unipolaire se retrouve « à genoux » face à cette nouvelle réalité, selon laquelle les nations régionales sont capables de garantir leur propre souveraineté sans dépendre de la soi-disant protection militaire américaine.
Le message du général Abdollahi a fortement contextualisé les événements actuels dans le cadre de la mémoire historique du 4 novembre, date qui marque trois événements charnières de la lutte anti-impérialiste iranienne : l’exil en 1964 de l’Imam Khomeini, fondateur de la Révolution islamique, le massacre d’étudiants par le régime Pahlavi en 1978 et la prise du nid d’espions (l’ambassade américaine) en 1979.
Il a décrit l’hostilité américaine non pas comme une série d’incidents isolés, mais comme une ligne d’agression continue et ininterrompue remontant au coup d’État de 1953 fomenté par la CIA.
Le général Abdollahi a évoqué d’autres exemples d’actes hostiles commis par les États-Unis à l’encontre de l’Iran, notamment le soutien à l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein pendant les huit années de guerre imposée, le soutien au groupe terroriste de l’Organisation des Mujahedin-e-Khalq (OMK), l’assassinat de scientifiques nucléaires, la guerre économique et l’assassinat lâche du lieutenant-général Qassem Soleimani, haut commandant antiterroriste.
Il a également souligné la complicité opérationnelle directe des États-Unis et du régime israélien dans les récentes guerres d’agression déclenchées à la mi-juin 2025 et à la fin février 2026.
Il a fait remarquer que ces guerres d’agression ont entraîné le martyre du Leader de la Révolution islamique, l’Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, de hauts commandants des forces armées, de courageux défenseurs de la patrie et d’un grand nombre de civils iraniens innocents, notamment des enfants.
« L’Iran ne recherche pas l’hégémonie », a souligné le général Abdollahi. « Il cherche plutôt à mettre fin à l’hégémonie qui lui a été imposée il y a 73 ans par le coup d’État de 1953 et qui, aujourd’hui, à la lumière des leçons du 4 novembre 1979, a atteint son terme.