Le prix de référence du gaz naturel en Europe ne cesse d'augmenter jusqu'à atteindre jeudi 29 octobre, 100 euros du mégawattheure, une première depuis quatre ans. En cause encore et toujours la guerre en Asie de l'Ouest qui continue de peser sur la production d'hydrocarbures, de pétrole mais aussi le gaz. La circulation dans le détroit d'Ormuz reste très compliquée, très limitée et il y a la crainte, ces derniers jours, que le conflit s'intensifie, ce qui fait s'envoler les cours.
Conséquence, le tarif du baril de pétrole est monté jusqu'à 117 dollars et sur le marché européen, on a dépassé le seuil des 100 euros le mégawattheure pour le gaz naturel, on n'avait pas connu un tel niveau depuis le début du conflit russo-ukrainien en 2022, et la crise énergétique qui avait suivi. Pour bien mesurer l'impact, depuis février dernier, sur ce marché de gros européen, le tarif de référence du gaz a été multipliés par trois.
Les stocks européens remplis aux trois-quarts
Une mauvaise nouvelle alors que l'Europe entre dans l'hiver et aborde cette baisse de températures sans avoir les stocks habituels. À cause de la guerre contre l'Iran, ils n'ont pas pu être correctement approvisionné cet été. Le minimum a été assuré, mais les cuves de l'Union européenne ne sont remplies qu'à 75%. L'an dernier à la même période, elles l'étaient en moyenne à 83%. Il faut donc espérer que l'hiver ne soit pas trop froid.
En attendant, le consommateur va payer plus cher. Depuis quelques mois déjà, les factures de gaz s'alourdissent. En septembre, mais aussi en octobre, il y a déjà eu des augmentations de plus de 5% à chaque fois, et ce n'est pas fini : dès ce 1er novembre, le prix de référence va une nouvelle fois augmenter de plus de 6%. Cet hiver, s'il y a encore moins de gaz sur le marché mondial et que la demande est toujours aussi forte en Europe, mais aussi en Asie, les cours vont continuer à grimper.
En France, dans le même temps, la consommation de carburants continue de s’effondrer, les automobilistes limitant leurs dépenses dans l’attente de la baisse des prix à la pompe annoncée pour le 1er novembre. Entre arbitrages budgétaires face aux tarifs actuels et effet de temporisation dans l'attente des réductions promises par le gouvernement au 1er novembre, la consommation de carburant enregistre une chute d'une ampleur inédite au niveau national.
Un « véritable effondrement » pour le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher, invité ce mardi 27 octobre sur le plateau de CNews et d'Europe 1. Alors que le réseau de grande distribution enregistre déjà un repli de 10% de ses volumes distribués depuis le début de l'année, la contraction s'accélère très fortement en octobre, atteignant jusqu'à «-40% de volumes de consommation » dans certaines stations. Pour le dirigeant de l'enseigne de grande distribution, « les gens ne bougent plus » et «sacrifient beaucoup de choses».
Ce choc ponctuel vient s'ajouter à une érosion continue du marché. Les livraisons de carburants routiers s'établissent en recul de 4,8% sur les neuf premiers mois de 2026, entraînées par le net repli du gazole (-7,5%), selon les données du Comité professionnel du pétrole citées dans un article d'Auto Infos. Avec un manque à gagner fiscal théorique estimé entre 1,5 et 1,7 milliard d'euros pour l'État.
Si le gaz et les carburants obéissent à des mécanismes de prix différents, ces deux évolutions témoignent d'une même réalité: la crise énergétique pèse sur les budgets des ménages et fragilise l'activité économique.
Au-delà des fluctuations des marchés, l'enjeu est désormais de savoir si la baisse promise des prix à la pompe apportera un véritable soulagement aux consommateurs, alors que les tensions énergétiques européennes restent fortes.