Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que « rien ne sera plus jamais comme avant » la guerre d’agression américano-israélienne contre l’Iran, y compris la gestion du détroit d’Ormuz.
Il a tenu ces propos lors de la cérémonie d’inauguration du centre de documentation et du musée consacrés au diplomate martyr Kamal Kharrazi, assassiné plus tôt cette année lors d’une frappe terroriste américano-israélienne.
Il a affirmé que des changements fondamentaux et stratégiques avaient eu lieu en Asie de l’Ouest et que rien ne serait plus jamais comme avant la guerre imposée de 40 jours (également appelée la guerre du Ramadan).
« Pendant des décennies, le détroit d’Ormuz est resté ouvert, et ni l’Iran ni Oman, deux États riverains du golfe Persique, qui bordent la voie maritime, n’ont jamais imposé de restriction au trafic maritime. Au contraire, les deux pays ont contribué à en assurer la sécurité et la sûreté, tout en protégeant l’environnement marin », a-t-il ajouté.
« Cependant, la guerre actuelle a tout changé. Nous devons reconnaître que de nouvelles réalités ont émergé. Les voies maritimes traversant le détroit d’Ormuz ne seront plus les mêmes qu’auparavant, et le détroit ne sera plus géré comme il l’était dans le passé. »
L’Iran a restreint le transit à travers le détroit d’Ormuz en réponse à l’agression criminelle américano-israélienne qui a débuté le 28 février.
Le 17 juin, Téhéran et Washington ont signé un mémorandum d’entente sous la médiation du Pakistan. L’article 5 de ce protocole place la responsabilité de la réouverture et de la gestion du détroit directement entre les mains de l’Iran.
Toutefois, Washington a tenté de saper la souveraineté de l’Iran sur le détroit d’Ormuz et a imposé un blocus naval en violation de l’accord de fin de guerre, poussant Téhéran à déclarer ce point de passage vital pour l’énergie mondiale fermé à tout trafic.
Par ailleurs, Araghchi a souligné que si les agresseurs faisaient preuve de raison, ils n’essaieraient pas une nouvelle attaque militaire contre la nation iranienne, notant : « Ils l’ont essayé deux fois, et ils en ont vu les conséquences. »
Les États-Unis et le régime israélien ont mené leur première guerre criminelle contre l’Iran, d’une durée de 12 jours, en juin 2025. Leur seconde agression a débuté le 28 février 2026 et s’est achevée début avril, au terme de 40 jours de combat.
« Dans les deux guerres, la résistance de l’Iran et la réussite de ses opérations de représailles ont contraint les agresseurs à accepter un cessez-le-feu. »
Araghchi a également souligné que la sécurité régionale doit être assurée par les pays de la région eux-mêmes, sans dépendre de la présence de forces étrangères.
La sécurité régionale doit être garantie par les États de la région, sans recours aux forces étrangères, a-t-il soutenu.
L’Iran et les États de la région devraient vivre en paix, sans ingérence étrangère. « C’est la seule voie pour parvenir à la paix, à la sécurité et à la stabilité dans notre région », a-t-il déclaré.
L’Iran entretient des relations avec tous les pays du golfe Persique tout en œuvrant à l’établissement d’un cadre de sécurité régionale partagé, a-t-il poursuivi.
Araghchi a déclaré : « Notre politique de bon voisinage est fondée sur la coexistence pacifique avec nos voisins. Un autre point important est que, selon nous, tous les enjeux régionaux sont interconnectés. Il est impossible d’avoir la guerre et les conflits dans une partie de la région tout en espérant la paix et le calme dans une autre. »
Le ministre iranien des Affaires étrangères a ajouté : « C’est pourquoi, dans toutes nos négociations avec la partie américaine, avec la médiation du Pakistan, du Qatar et d’autres pays amis, nous avons souligné que toute fin de guerre doit englober tous les fronts et mettre un terme aux hostilités sur chaque front. Autrement, nous ne verrons pas de stabilité dans la région. »
Parallèlement, le haut responsable iranien a affirmé que les guerres récentes constituaient un tournant dans l’histoire de la région, car elles ont fondamentalement bouleversé les structures de sécurité existantes et remodelé le paysage régional.
« Ces guerres ont démontré que les dispositifs de sécurité de certains pays de la région, qui reposent sur une présence militaire étrangère et une intervention extérieure, se sont révélés inefficaces », a-t-il souligné.
Araghchi a déclaré : « Les bases militaires américaines dans la région n’ont pas apporté la paix et la sécurité aux pays hôtes. Au contraire, leur présence est devenue une source d’insécurité. »
Araghchi a décrit Israël comme la principale source d’instabilité et de bellicisme dans la région, affirmant que le régime a constamment entravé les efforts visant à établir la sécurité et la stabilité, poursuivant des politiques qui alimentent les conflits et cherchent à affaiblir les pays régionaux.
Il a par ailleurs réitéré l’engagement de l’Iran en faveur d’une sécurité endogène dans la région, une politique abordée par le martyr Kharrazi — ancien ministre des Affaires étrangères et président du Conseil stratégique des relations extérieures — qui a été assassiné le 9 avril.
Ce dernier avait été gravement blessé lors d’une attaque visant sa résidence à Téhéran le 1er avril, une frappe qui avait également coûté la vie à son épouse.