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Baghaï dénonce l’hypocrisie allemande : après avoir salué le « sale boulot » d’Israël contre l’Iran, Berlin met en garde contre une escalade

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. (Archives)

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a souligné un changement radical dans la rhétorique de Berlin, opposant le soutien explicite du chancelier allemand Friedrich Merz à l’agression israélienne en juin 2025 aux récentes mises en garde formulées par le ministre allemand des Affaires étrangères et d’autres responsables européens contre toute nouvelle attaque contre la République islamique d’Iran.

Dans une publication sur X samedi 24 octobre, M. Baghaï a rappelé les propos tenus par le chancelier Merz au début de la guerre d’agression américano-israélienne : « C’est le sale boulot qu’Israël accomplit pour nous tous. »

Il a ensuite fait remarquer qu’en octobre 2026, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, ainsi que ses homologues d’autres pays européens et régionaux, mettaient en garde contre une nouvelle escalade militaire et insistaient sur la nécessité d’empêcher une nouvelle vague d’attaques contre l’Iran.

M. Baghaï a assorti son observation d’une citation extraite de la pièce La Pucelle d’Orléans de Friedrich Schiller (acte III, scène VI) : « Ô Raison sublime, fille lumineuse de l’esprit divin, sage architecte de l’univers et guide des astres — qui es-tu donc, si, attachée à la queue du cheval sauvage de la folie, tu dois assister, impuissante, et en criant, à ta propre chute dans l’abîme, entraînée aux côtés de ce cavalier ivre ? »

Les responsables iraniens dénoncent depuis longtemps la politique de deux poids, deux mesures pratiquée par les pays occidentaux. En juin 2025, le régime israélien a mené des frappes non provoquées contre des sites iraniens — nucléaires, militaires et civils —, tuant des commandants, des scientifiques ainsi que de citoyens ordinaires. Le chancelier allemand Friedrich Merz a publiquement qualifié cette agression de « sale boulot » bénéfique pour l'Occident.

À l’époque, les autorités iraniennes ont condamné ces propos, y voyant une tentative de justifier des violations flagrantes de la Charte des Nations unies et du droit international ; elles ont accusé l’Allemagne de complicité, en raison du soutien politique et matériel aux agresseurs.

Plus d’un an plus tard, dans un contexte de tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz, de blocus naval illégal imposé par les États-Unis et de menace de nouvelles frappes, des ministres des Affaires étrangères européens et régionaux, réunis à Istanbul le 23 octobre, ont averti que toute nouvelle action militaire contre l’Iran ne ferait que des perdants et devait donc être évitée.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré qu’aucun des pays participants n'avait soutenu une nouvelle attaque, tandis que des responsables français et italiens ont souligné que la crise ne pouvait être résolue par la force, appelant à la plus grande retenue et au dialogue.

Les responsables iraniens ont constamment soutenu que la cause profonde de l’insécurité régionale réside dans l’agression américano-israélienne déclenchée fin février 2026, dans l’échec du mémorandum d’entente d’Islamabad — dû au non-respect des engagements par Washington — ainsi que dans la poursuite d'actions illégales, notamment le blocus des ports iraniens.

Téhéran a insisté sur le fait que tout processus de désescalade doit nécessairement passer par la cessation des hostilités, la levée du blocus et la mise en œuvre intégrale des engagements antérieurs, et non par de nouvelles exigences ou menaces.

En invoquant Schiller, le porte-parole de la diplomatie iranienne semble présenter le revirement allemand comme une prise de conscience tardive : le soutien à l'agression a entraîné ses partisans vers une instabilité accrue, et ce, alors même que Berlin continue de critiquer l'Iran au sujet des perturbations du trafic maritime — des perturbations que Téhéran attribue exclusivement aux agissements des agresseurs.

Les diplomates iraniens ont affirmé à plusieurs reprises que les pays qui ont autrefois applaudi ou facilité ce « sale boulot » subissent désormais les conséquences économiques et stratégiques de la guerre qu'ils ont contribué à alimenter, tandis que la République islamique d’Iran a maintenu sa posture défensive ainsi que son contrôle sur cette voie maritime stratégique. 

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV