Quatre usines françaises de Stellantis (Sochaux, Rennes, Mulhouse et Poissy) interrompent leur production en octobre. Entre pénurie de batteries et gestion des stocks, plus de 10 000 salariés et intérimaires sont concernés, tandis que les inquiétudes grandissent quant aux perspectives de production pour 2027.
Le constructeur automobile Stellantis (ex-Peugeot-Citroën) met temporairement à l’arrêt quatre de ses usines hexagonales, plaçant des milliers de salariés au chômage partiel et suscitant des interrogations sur l’avenir du secteur en France, alors que le Mondial de l’Auto a mis en évidence la crise qui touche l’industrie automobile européenne.
À partir du 22 octobre, les usines de Sochaux (Doubs) et de Rennes (Ille-et-Vilaine) cessent leur activité jusqu’à la fin du mois. Le site de Mulhouse (Haut-Rhin) est déjà à l’arrêt depuis la mi-octobre, tandis que celui de Poissy (Yvelines) a interrompu son activité le 19 octobre.
Au total, 8 400 salariés passent au chômage partiel et près de 1 900 intérimaires sont placés au chômage technique.
À Sochaux, où sont assemblées les Peugeot 3008 et 5008, et à Rennes, qui produit le Citroën C5 Aircross, les interruptions sont principalement dues à une pénurie de batteries à grande autonomie fournies par Automotive Cells Company (ACC).
Cette entreprise, détenue notamment par Stellantis, TotalEnergies et Mercedes-Benz, peine à satisfaire la demande, particulièrement soutenue chez les clients professionnels. « On tourne vraiment au maximum de nos capacités actuelles », a reconnu le secrétaire général d’ACC, Matthieu Hubert, auprès de BFMTV, le 19 octobre. Les interruptions doivent permettre de reconstituer les approvisionnements avant la reprise de la production, prévue début novembre.
À Mulhouse et à Poissy, les motifs sont différents. Les arrêts visent principalement à réduire les stocks et à accompagner la fin du cycle de production de certains modèles, notamment les Peugeot 308 et 408 à Mulhouse. L’usine de Poissy doit, quant à elle, cesser l’assemblage automobile en 2027, avant sa reconversion en site de recyclage.
Sur CNews, le 20 octobre, l’économiste Marc Touati a alerté sur les difficultés du constructeur, malgré la perspective du lancement d’une nouvelle 2CV : « Stellantis s’est effondrée en Bourse. »
De son côté, Fabien Roussel, candidat à la présidentielle, a plaidé pour la fabrication de cette nouvelle 2CV sur le territoire français. Depuis le site de Poissy, dans les Yvelines, il a lancé : « Produisons en France ces petits véhicules électriques avec les aides de l’État, pour les rendre pas chers et créer plusieurs milliers d’emplois. »
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Les aides publiques à l’industrie automobile française, vivement critiquées par la Cour des comptes, soulèvent également des interrogations quant à leur compatibilité avec les règles européennes.
Chez Stellantis, les regards se tournent déjà vers 2027. La direction doit présenter, fin octobre, ses prévisions de production pour les trois prochaines années.
À Rennes, les syndicats redoutent la suppression d’une équipe si les volumes continuent de diminuer. À Mulhouse, la production pourrait fortement reculer dans l’attente de nouveaux modèles Peugeot. Sochaux semble mieux résister, mais sa direction craint qu’une partie de sa production ne soit transférée vers d’autres sites afin de mieux répartir la charge industrielle.