La capitale saoudienne fait face à des perturbations croissantes. La fermeture de l’aéroport de Riyad, l’annulation de grands événements et le recours accru au télétravail affectent la vie quotidienne et l’activité économique, portant un nouveau coup aux efforts du royaume pour attirer les investissements étrangers, dans un contexte d’escalade du conflit au Yémen.
Ces perturbations interviennent après l’intensification des opérations militaires yéménites visant des infrastructures stratégiques saoudiennes, notamment les aéroports et les installations énergétiques, en représailles au bombardement saoudien de l'aéroport de Sanaa en juillet. La confrontation s'intensifie après des années d'agression militaire et de blocus imposés par l'Arabie saoudite au Yémen.
La fermeture de l’aéroport de Riyad jusqu’à nouvel ordre a fortement perturbé le trafic aérien, contraignant les compagnies aériennes et les passagers à emprunter des itinéraires alternatifs via d’autres villes saoudiennes ou des pays voisins du golfe Persique.
Selon des sources au sein de compagnies aériennes régionales, les autorités saoudiennes n’ont toujours pas communiqué de calendrier précis pour la réouverture de l’aéroport.
Les perturbations ont dépassé le secteur des transports, affectant les administrations publiques, les entreprises internationales ainsi que des événements culturels et sportifs majeurs.
À Riyad, les organismes publics ont demandé à leurs employés de travailler à distance ; de même, les bureaux situés dans le gratte-ciel « Kingdom Centre », haut de 99 étages, sont passés au télétravail, selon des sources citées par l'AFP.
Plusieurs événements d'envergure ont été reportés ou annulés, notamment un tournoi de tennis important, le festival de musique MDLBEAST Soundstorm, la Semaine de la mode de Riyad (Riyadh Fashion Week) et le Festival du film de la mer Rouge.
Le forum d'investissement phare de l'Arabie saoudite, la « Future Investment Initiative » (FII) — souvent surnommée le « Davos du désert » — a lui aussi été reporté à 2027.
Cette décision constitue un nouveau revers pour les efforts déployés par Riyad afin d'attirer des investisseurs internationaux et de s'imposer comme un pôle régional des affaires et de la finance.
Depuis près d'une décennie, ce forum sert de plateforme aux responsables saoudiens pour promouvoir la diversification économique et réduire la dépendance du royaume aux revenus pétroliers.
Ces récentes perturbations soulèvent de nouvelles interrogations quant aux défis qui entravent ces ambitions, dans un contexte d'intensification des hostilités régionales.
La fermeture de l'aéroport a également compliqué les déplacements des quelque sept millions d'habitants de Riyad.
Les compagnies aériennes nationales ont tenté de réorienter les passagers via Qassim, située à environ trois heures de la capitale, tandis que certains voyageurs ont eu recours aux aéroports de Bahreïn ou du Qatar pour entrer dans le royaume ou en sortir.
Un habitant de Riyad a confié à l'AFP qu'un vol avait été dérouté vers Djeddah lors d'une attaque contre l'aéroport, le passager ayant ensuite dû poursuivre son trajet en passant par Qassim.
La semaine dernière, le porte-parole de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, le général de division Turki al-Maliki, a prétendu que les attaques contre les aéroports saoudiens menaçaient la sécurité régionale et a appelé les forces yéménites à y mettre fin immédiatement.
Le porte-parole militaire yéménite, le général de brigade Yahya Saree, a dénoncé le bilan des attaques militaires menées par la coalition contre le Yémen, déclarant que « l’ennemi saoudien criminel » avait lui-même perpétré, à maintes reprises, des attaques du même type que celles qu’il dénonce aujourd’hui.
Plus de 2 350 frappes aériennes et tirs de missiles ont été lancés contre le Yémen depuis la reprise de l’agression saoudite et la récente escalade, a ajouté Yahya Saree.
La contre-offensive des forces armées yéménites intervient après plus d’une décennie de guerre et de blocus menés par l’Arabie saoudite contre le Yémen — un conflit qui a débuté en 2015, lorsque Riyad est intervenu militairement pour tenter de rétablir l’ancien régime dans le pays.
Cette guerre a coûté la vie à des centaines de milliers de Yéménites, tandis que Riyad a échoué à atteindre son objectif affiché : réinstaller à Sanaa un gouvernement fantoche.
L’Arabie saoudite a considérablement intensifié son agression ces dernières semaines ; selon les responsables yéménites, des centaines de frappes aériennes ont été enregistrées à travers le pays.
En réponse, les forces armées yéménites ont mené des opérations d’envergure le long de la côte de la mer Rouge, délogeant les forces soutenues par l’Arabie saoudite de positions stratégiques.
Les forces yéménites ont également pris le contrôle de zones stratégiques et d’îles aux abords du détroit de Bab el-Mandeb, renforçant ainsi nettement leur position sur l’un des points de passage maritimes les plus cruciaux au monde.