Les manifestations étudiantes en Albanie sont entrées dans leur cinquième jour samedi, avec des arrestations et des dégradations de biens signalées à Durrës, tandis que l’organisme de contrôle de la police du pays examinait de possibles violations commises par des agents.
À Tirana, les étudiants devaient se rassembler dans leurs universités avant de marcher en direction du ministère de l’Éducation pour un rassemblement prévu à 11 heures (heure locale), a rapporté la radiodiffusion albanaise RTSH.
Les organisateurs avaient appelé à une mobilisation nationale impliquant les étudiants des universités et des lycées, d’autres citoyens ainsi que des représentants de la diaspora albanaise.
Par ailleurs, la police avait déployé des canons à eau à proximité du ministère et s’était préparée à mettre en place un cordon de sécurité. La situation était initialement calme, avant que des manifestants ne retirent les barrières des trottoirs pour les placer en travers de la chaussée.
À Durrës, des lycéens s’étaient également rassemblés devant le bâtiment de la municipalité pour le troisième jour consécutif, lançant des pierres contre le bâtiment, incendiant des poubelles et endommageant des barrières.
Les manifestants ont ensuite brisé les vitres d’un bâtiment de la Poste albanaise alors qu’ils marchaient en direction du commissariat de police. Les forces de l’ordre sont intervenues et ont procédé à des arrestations avant que la foule ne se disperse.
À Korçë, des groupes composés principalement de lycéens ont manifesté pour le troisième jour consécutif, dénonçant le manque de possibilités de construire leur avenir en Albanie ainsi que ce qu’ils ont décrit comme une absence de justice.
L’Agence de surveillance de la police a déclaré qu’elle examine de possibles violations de la loi commises par des membres de la Police d’État lors des manifestations à Tirana et dans d’autres villes.
En effet, les agents de l’agence ont documenté les incidents sur le terrain et recueilli des images provenant des médias et des réseaux sociaux afin d’établir les circonstances des faits et de déterminer les responsabilités.
D’après cette agence, les affaires impliquant des infractions pénales présumées étaient traitées sous la direction des procureurs de Tirana.
À cet égard, le journal albanais Nacionale détaille que la police d’État a arrêté 167 personnes et engagé des poursuites pénales contre 388 autres en lien avec la manifestation, tandis que sept policiers ont été suspendus de leurs fonctions.
Le Nacionale précise que ces chiffres ont été rendus publics par le directeur général de la police d’État, Skënder Hita, qui a également annoncé l’ouverture d’enquêtes disciplinaires à l’encontre des officiers suspendus.
Selon lui, les mesures prises contre les sept policiers sont liées à l’usage excessif de la force lors des actions menées pendant la manifestation.
« Sept policiers ont été suspendus et des enquêtes disciplinaires ont été ouvertes à leur encontre pour usage excessif de la force », a déclaré Hita.
Les manifestations en Albanie ont débuté fin mai dernier en réaction au projet de construction d'un complexe touristique de luxe dans une zone côtière protégée, un projet lié à Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump.
La répression s'est intensifiée après que des lycéens et des étudiants ont rejoint le mouvement, élargissant leurs revendications à la hausse des coûts de l'éducation et au niveau de vie.
Le Premier ministre Edi Rama refuse de démissionner et accuse l'opposition et des acteurs étrangers d'être à l'origine des violences, tandis que les manifestants continuent d'exiger un changement politique.