La hausse des prix de l’énergie continue de peser sur les ménages et les professionnels en France. Alors que le prix de référence du gaz augmentera de 6,6 % en novembre pour près de six millions de foyers abonnés à une offre indexée, des transporteurs ont organisé lundi une opération escargot pour dénoncer la flambée des prix du gazole. Ces tensions interviennent dans un contexte de perturbations de l’approvisionnement énergétique liées à la guerre en Asie de l’Ouest et à la fermeture du détroit d’Ormuz.
Le prix de référence du gaz en France augmentera une nouvelle fois au 1er novembre, de 6,6 % en moyenne, après des hausses de 5,6 % en septembre et de 6,3 % en octobre. Cette augmentation s’explique par la hausse des prix sur les marchés du gaz en septembre, a annoncé lundi 12 octobre la Commission de régulation de l’énergie (CRE).
Le prix repère de vente de gaz (PRVG), qui sert de référence aux fournisseurs pour fixer leurs offres et permet aux consommateurs de les comparer, atteindra en moyenne 194,90 euros TTC par mégawattheure (MWh) en novembre, selon l’autorité de régulation.
La hausse devrait représenter environ 12 euros TTC supplémentaires sur la facture mensuelle des consommateurs dont les contrats sont indexés sur ce prix de référence.
Au total, près de six millions de ménages, soit environ 60 % des abonnés résidentiels au gaz, sont concernés.
La CRE attribue cette évolution à la hausse des cours du gaz en septembre par rapport au mois précédent, notamment dans un contexte de conflit en Asie de l’Ouest. Si la situation reste relativement stable d’ici à la fin de l’année, la facture annuelle de gaz en 2026 pourrait être supérieure de 11 % à celle de 2025, soit environ 135 euros TTC supplémentaires, estime l’autorité.
Depuis la suppression des tarifs réglementés du gaz en 2023, le prix repère de vente de gaz sert de référence pour aider les fournisseurs à élaborer leurs offres et les consommateurs à comparer les tarifs.
En Europe, le contrat à terme sur le gaz naturel néerlandais TTF, référence du marché, a fortement progressé depuis le début de la guerre en Asie de l’Ouest. Son prix est passé de 31,47 euros par MWh le 27 février à 82,76 euros par MWh pour les contrats de livraison en novembre.
Dans les Bouches-du-Rhône, les transporteurs dénoncent la flambée du gazole
La hausse des prix des carburants suscite également la colère des professionnels du transport routier. Des dizaines de transporteurs ont organisé lundi une opération escargot à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, afin de dénoncer l’augmentation du prix du gazole, rapporte BFMTV.
Interrogé par la chaîne, Ibrahim, porte-parole du collectif mobilisé, a alerté sur les conséquences de cette hausse pour les petites et moyennes entreprises (PME), confrontées à une augmentation importante de leurs coûts d’exploitation.
« Avant, un plein coûtait entre 400 et 500 euros. Aujourd’hui, il est passé à 900 euros pour 400 litres de gazole », a-t-il déclaré, précisant qu’un camion pouvait contenir jusqu’à 800 litres de carburant.
Les manifestants réclament une baisse rapide des prix du gazole et demandent à être reçus par le ministère des Transports. Ils regrettent que les discussions avec les autorités soient principalement réservées aux organisations syndicales.