Les travaux de la 14e réunion ministérielle du Comité des Dix chefs d'État et de gouvernement (C10) de l'Union africaine se sont tenus dans la capitale libyenne avec la participation de représentants des États membres, dans le cadre des efforts visant à unifier les positions africaines et à renforcer le poids diplomatique du continent au sein du système des Nations Unies.
Tripoli a accueilli les 10 et 11 octobre une réunion ministérielle du Comité des Dix de l’Union africaine (C10), consacrée à la réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies et à la défense d’une représentation équitable du continent au sein de l’organisation.
À cette occasion, la Libye a réaffirmé son attachement à la position africaine commune, qui réclame deux sièges permanents au Conseil de sécurité dotés de tous les pouvoirs, y compris du droit de veto, ainsi que deux sièges non permanents supplémentaires.
Le ministre des Affaires étrangères par intérim du gouvernement d’unité nationale, Taher al-Baour, a estimé que les institutions internationales devaient refléter « la réalité du monde contemporain, et non les équilibres d’une époque révolue ».
Il a également souligné que « la force de la position africaine repose sur l’unité des États et leur capacité à transformer leur consensus en une action politique organisée et influente », appelant à intensifier les échanges avec les membres permanents du Conseil de sécurité et les parties concernées par les négociations.
Pour Tripoli, la revendication africaine « n’est pas un privilège que l’Afrique réclame, mais un droit légitime conforme aux principes de justice et d’égalité souveraine ».
Une démarche engagée depuis la Déclaration de Syrte
Selon le représentant permanent de la Libye auprès des Nations unies, Taher El-Sonni, la Libye et la Sierra Leone, qui assure la coordination du C10, ont coprésidé la dernière réunion préparatoire, consacrée à l’examen de l’ordre du jour et du projet de document final intitulé « Document de résultats de Tripoli 2026 », selon Asharq Al-Awsat.
Dans une publication sur le réseau social américain X, mercredi soir, El-Sonni a indiqué que cette rencontre devait réaffirmer la position africaine commune sur la réforme du Conseil de sécurité.
Il a également inscrit cette réunion dans la continuité des efforts menés par la Libye depuis la Déclaration de Syrte de 2009 en faveur d’une représentation équitable de l’Afrique et pour remédier à ce qu’il a qualifié d’« injustice historique » envers le continent.
Les discussions ont notamment porté sur la poursuite de la coordination africaine autour de la réforme du Conseil de sécurité, ainsi que sur l’examen et l’adoption des conclusions de la réunion dans le cadre du « Document de résultats de Tripoli 2026 », selon le même média, Asharq Al-Awsat.
Le C10, un cadre de coordination diplomatique
Le Comité des Dix de l’Union africaine est chargé de coordonner les positions du continent dans les négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil de sécurité. Il mène des consultations avec les États et les groupements internationaux, mobilise des soutiens aux revendications africaines et suit les avancées du processus de réforme, avant de soumettre des rapports et des recommandations au sommet de l’Union africaine.
Le groupe comprend dix pays : la Libye, l’Algérie, le Congo, la Guinée équatoriale, le Kenya, la Namibie, le Sénégal, la Sierra Leone, l’Ouganda et la Zambie. La Sierra Leone en assure la coordination.
La réunion de Tripoli intervient également alors que la Libye cherche à obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies, affirme la même source.