La mobilisation des lycéens se poursuit mardi en France avec une troisième journée de manifestations, placée sous haute surveillance. Des dizaines de milliers de jeunes sont attendus dans les rues pour réclamer davantage de moyens pour l’éducation, alors que les organisations syndicales appellent à amplifier la contestation face aux contraintes budgétaires qui pèsent sur le secteur.
Pour cet « acte III » d'un mouvement qui a démarré mi-septembre en région parisienne avant de s'étendre, les lycéens ont reçu le soutien d'une intersyndicale de l’Éducation nationale (FSU, CGT, FO, CFDT, Unsa, Sud et Solidaires) qui a appelé à descendre dans la rue à leurs côtés, à Paris, Lyon, Marseille et une trentaine d'autres villes.
« Les militantes et militants de la CGT seront là pour protéger les lycéennes et lycéens », selon sa responsable Sophie Binet, alors que les blocages de lycées et rassemblements se sont accompagnés de nombreuses tensions avec les forces de l'ordre.
Un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens lundi - la gauche s'est immédiatement insurgée contre la doctrine de maintien de l'ordre du gouvernement. À Tours, la semaine dernière, un lycéen de 16 ans a perdu l'usage d'un œil lors d'un blocage, le parquet a évoqué des lésions « compatibles » avec un tir de LBD.
Les lycéens, mobilisés pour réclamer des moyens, dénoncer l'insalubrité des bâtiments, le non-remplacement de professeurs, notamment dans les quartiers populaires, ou encore les pressions et inégalités liées à la plateforme post-bac Parcoursup, devraient aussi recevoir mardi le renfort des étudiants.
« On appelle à massivement bloquer tous les lieux d'études pour être en capacité de continuer à faire grandir la mobilisation et se retrouver avec une convergence des lycéens, lycéennes, étudiants, étudiantes, mais aussi des travailleurs et des travailleuses, d'autres secteurs qui commencent à nous appuyer », a expliqué Éloïse Lefebvre-Milon, de l'Union étudiante, qui recensait une trentaine de sites bloqués déjà lundi.
La Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, classé à gauche, a également appelé les agriculteurs à faire converger les colères et à rejoindre la mobilisation des lycéens avec leurs tracteurs.
À un peu plus de six mois de la présidentielle, élection qui verra certains des lycéens mobilisés voter pour la première fois, cette mobilisation s'étire dans un climat politique et social particulièrement tendu, sur fond de hausse des prix et de recherches de coupes budgétaires dont certaines concernent les jeunes, comme les aides au logement.
Les forces de l'ordre seront encore mobilisées pour le nouvel épisode d'une mobilisation qui a déjà connu son lot d'affrontements et de blessés : plus de 700 chez les forces de l'ordre et près d'une centaine chez les personnels de l'éducation, selon les chiffres officiels.
Quelque 6 059 interpellations ont été effectuées depuis le 28 septembre et plus de 5 000 personnes, essentiellement des mineurs, ont été placées en garde à vue, selon l'Intérieur. Dix enquêtes ont été ouvertes par la « police des polices » depuis le début du mouvement, selon l'entourage du ministre Laurent Nuñez.
Pour la manifestation prévue à Paris, à partir de 14 h, quelque 2 000 policiers et gendarmes seront mobilisés pour encadrer un cortège qui pourrait compter entre 20 000 et 40 000 manifestants.