La mobilisation lycéenne en France, qui a donné lieu à des affrontements et à des scènes de violence entre manifestants et forces de l’ordre, a notamment été marquée par plusieurs incidents controversés.
À Belfort, une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux montre ainsi un policier en civil, commandant et chef du renseignement territorial local, en train d’interpeller un adolescent dans un ruisseau de faible profondeur, près du lycée Gustave-Courbet. Des internautes et plusieurs élus, dont le député LFI Antoine Léaument, y ont vu une tentative de noyade, le policier semblant maintenir la tête du jeune homme sous l’eau.
Le fonctionnaire est le même qui, quelques minutes plus tard, a été violemment agressé par un groupe de jeunes masqués et roué de coups jusqu’à perdre connaissance. Une enquête pour tentative d’homicide volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique a été ouverte et un lycéen de 17 ans a été placé en garde à vue.
Le procureur de la République de Belfort, Paul-Édouard Lallois, a toutefois fermement contesté la thèse d’une tentative de noyade. Selon lui, le policier, seul et en civil, avait interpellé l’adolescent, soupçonné d’avoir tenté d’allumer un incendie. Les deux hommes auraient ensuite glissé et se seraient retrouvés dans l’eau. Le jeune homme aurait profité de l’agression du policier pour prendre la fuite, alors qu’il était encore menotté à une seule main.
«J’en ai éborgné trois !»
— Press TV Français (@fr_presstv) October 3, 2026
⚠️ 🇫🇷 À Toulouse, ce vendredi 2 octobre, des policiers maintiennent un jeune au sol, qui crie qu’on lui a cassé le bras. Il répète qu’il a mal, alors qu’un agent tire sur son bras lui demandant de se calmer. pic.twitter.com/HI8ctweQAw
Dans ce contexte de tensions autour des blocages, Ritchy Thibault, ancien collaborateur parlementaire de la députée LFI Ersilia Soudais, a été interpellé le 1ᵉʳ octobre à Saint-Denis.
Mégaphone en main, il a appelé les manifestants à « attaquer tous les commissariats de police », à « mettre le feu à l’Élysée » et à « faire la révolution ». Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, il lance également : « Le 17 octobre, ça va être mille fois pire que les Gilets jaunes. Est-ce qu’on va former des barricades ? Est-ce qu’on va faire la révolution ? »
Une autre vidéo montre son interpellation par trois policiers en civil. Son avocat, Me Henry Braun, a dénoncé sur X des « méthodes dignes d’un État policier qui veut museler les opposants », allant jusqu’à évoquer un « kidnapping en pleine rue ».
🇫🇷 Une élève est traîné au sol par un policier au lycée Jean Monnet de Montpellier pic.twitter.com/MHdvQIZG3G
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Selon Le Figaro, Ritchy Thibault était sous contrôle judiciaire avec interdiction de participer à une manifestation. Fiché S depuis 2023, il est poursuivi pour avoir menacé de mort Emmanuel Macron lors du Salon de l’agriculture en février 2024. Lors de son procès, particulièrement mouvementé, il avait été expulsé de la salle avant de déclarer qu’il n’entendait pas respecter son interdiction de participer à des manifestations. Au printemps 2025, La France insoumise avait pris ses distances avec lui.
Ces événements relancent ainsi la polémique sur les méthodes de maintien de l’ordre et les violences qui émaillent les blocages de lycées, dans un mouvement qui donne lieu à des affrontements de plus en plus tendus entre jeunes manifestants et forces de l’ordre.