Un lycéen de 16 ans, blessé mercredi 30 septembre lors des rassemblements à Tours dans le cadre du mouvement de contestation lycéenne, a perdu l’usage de son œil droit, a confirmé vendredi la procureure de la République de la ville.
Le jeune homme blessé mercredi à Tours lors du blocage d’un lycée a perdu l’usage de son œil droit, a appris l’AFP vendredi 2 octobre auprès de la procureure de la ville, Catherine Sorita-Minard. Elle avait indiqué mercredi, à la suite des examens médico-légaux, que les lésions à l’œil du jeune homme, âgé de 16 ans, étaient « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD ».
Il est « toujours hospitalisé » et a été entendu par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) dans la journée de vendredi, alors que l’enquête se poursuit, a-t-elle précisé.
Cet incident s’inscrit dans une série de cas graves survenus lors du mouvement de contestation lycéenne, qui ont conduit à plusieurs enquêtes de l’IGPN pour des faits susceptibles de constituer des violences policières.
À Argenteuil (Val-d’Oise), un autre mineur de 16 ans a été blessé à l’œil jeudi 1er octobre lors d’un rassemblement. Il dénonce un tir policier de LBD. Le parquet de Pontoise a ouvert une enquête pour « violences avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique », confiée à l’IGPN.
Dans le même département, à Saint-Ouen-l’Aumône, un adolescent de 14 ans a subi une double fracture de la mâchoire et de nombreuses dents cassées après avoir reçu, selon sa famille et son avocate, un tir policier de LBD à très courte distance. L’IGPN enquête également sur ces faits.
Le ministère français de l’Éducation nationale a fait état de 170 élèves blessés depuis le début du mouvement.
Ces blessures rappellent celles infligées par les forces de l’ordre lors du mouvement des Gilets jaunes (2018-2019) où une dizaine de manifestants avaient alors perdu l’usage d’un œil, le plus souvent après des tirs policiers de LBD.
Des centaines d’autres manifestants avaient subi des blessures graves, comme des fractures du visage et des mutilations de mains liées à des explosions de grenades.