Après un pic de mortalité inédit, avec quelque 8 000 décès enregistrés lors de la canicule en France, le pays était samedi 26 septembre le théâtre de plusieurs mobilisations appelant à des mesures d’urgence en faveur du climat.
Environ 260 mobilisations sont répertoriées partout sur le territoire français par le site 26septembre.org, appelant à marcher « pour le climat, pour le vivant, pour la paix, pour la justice sociale ».
Ces manifestations interviennent au terme d’un été marqué par des records de chaleur en Europe occidentale, sur fond de réchauffement climatique principalement lié à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.
À Paris, quelques milliers de personnes de tous âges se sont rassemblées à partir de 17 heures sur la place de la République, brandissant des pancartes telles que « Non-assistance, la planète en danger », « Aux arbres citoyens » ou encore « Terrien sans terre, t’es rien ».
« C’est un sujet hyper important, on a vu les incendies du bassin d’Arcachon, on a vu à quel point le changement climatique fait des ravages », a déclaré Solenn, 27 ans, interrogée par l’AFP.
À Arras, dans le nord de la France, plusieurs centaines de personnes ont également défilé, parmi lesquelles Marine Tondelier, candidate des Écologistes à la présidentielle, venue avec son nouveau-né.
Les manifestants réclament notamment la mise en place de plans d’urgence, d’adaptation et d’atténuation, financés par la taxation des superprofits des entreprises du secteur des énergies fossiles et de l’industrie de l’armement, ainsi que par un impôt sur le patrimoine des plus riches.
La militante suédoise pour le climat Greta Thunberg a apporté son soutien aux mobilisations. « Rien que cet été, plus de 8 000 personnes sont décédées en France à cause de la canicule. Et au moins 500 000 hectares de forêt ont brûlé dans l’Union européenne », a-t-elle affirmé dans un message publié sur les réseaux sociaux, ajoutant : « Pourtant, en ce moment même, nos responsables politiques choisissent délibérément d’aggraver encore davantage cette crise. »
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Ces dernières années, plusieurs marches pour le climat ont été organisées en France, dont la « Marche du siècle », en mars 2019, qui avait rassemblé plus de 300 000 personnes à travers le pays.
Ces mobilisations interviennent alors que la ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, doit présenter le 30 septembre au Premier ministre Sébastien Lecornu un plan national d’adaptation au changement climatique.
EDF veut adapter la réglementation face aux fortes chaleurs
Parallèlement, les vagues de chaleur estivales ont également mis à rude épreuve le parc nucléaire français. Selon Les Échos, l’Électricité de France (EDF) souhaite faire évoluer les normes environnementales encadrant la température maximale des cours d’eau, après plusieurs arrêts de réacteurs provoqués par les fortes chaleurs cet été.
Sur les 57 réacteurs exploités par EDF, 42 sont installés au bord de fleuves ou de rivières afin d’assurer leur refroidissement. Or, les limites de température fixées par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) ont contraint EDF à réduire le niveau de production de certaines de ses centrales nucléaires.
« Le retour d’expérience de l’été fait actuellement l’objet d’une analyse approfondie. Les travaux n’étant pas encore finalisés, il est trop tôt à ce stade pour en tirer des conclusions définitives », a réagi EDF.
Selon Les Echos, jusqu’à quinze réacteurs nucléaires d’EDF ont été simultanément à l’arrêt en France cet été en raison des fortes chaleurs.