Le prix moyen du diesel a atteint un niveau record aux États-Unis, sur fond d’actes d’agression américains contre l’Iran et de fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole commercialisé dans le monde.
Vendredi, le prix moyen du diesel a bondi à 5,85 dollars le gallon, atteignant pour la première fois ce niveau depuis le début de l’agression américano-israélienne contre l’Iran, le 28 février.
La hausse des prix du diesel, largement utilisé dans le transport routier, l’agriculture et les activités industrielles, entraîne une augmentation des coûts de transport et de production, qui se répercute à son tour sur les prix alimentaires, avec des effets en cascade sur l’économie et le coût de la vie.
Certaines entreprises ont déjà répercuté ces surcoûts sur les consommateurs, notamment en ajoutant des frais aux commandes en ligne et aux colis expédiés par voie postale.
Les prix d’autres produits, tels que les vêtements, les cosmétiques et les meubles, qui sont eux aussi transportés par des camions, des trains et des navires fonctionnant au diesel, devraient également augmenter.
Les experts avertissent que les hausses de prix pourraient s’accentuer tant que le diesel restera cher.
Cette situation constitue un nouveau défi pour les républicains à l’approche des élections de mi-mandat de novembre, alors que la cote de popularité du président Donald Trump est en baisse en raison de sa gestion de l’économie et des répercussions de la guerre qu’il a déclenchée contre l’Iran.
Selon un récent sondage AP-NORC, deux adultes américains sur trois désapprouvent la manière dont Donald Trump gère l’économie.
Le prix de l’essence ordinaire a également bondi, bien qu’à un rythme moins soutenu que celui du diesel. Selon l’AAA, l’Automobile Club américain, le prix moyen s’établit à 4,15 dollars le gallon, contre 3,20 dollars à la même période l’an dernier.
L’AAA précise que le prix de l’essence n’a jamais dépassé les 4 dollars le gallon à l’occasion de la fête du Travail (Labor Day).
Cela représente une hausse d’environ 56 % des prix du diesel aux États-Unis depuis le 28 février, date à laquelle le prix moyen national s’établissait à environ 3,76 dollars le gallon, selon l’American Automobile Association (AAA).
Cette hausse s’explique par l’envolée des prix du pétrole brut, principale matière première utilisée pour produire le diesel et l’essence, dans un contexte de perturbations des chaînes d’approvisionnement à travers l’Asie de l'Ouest.
Le Brent, référence internationale, s’échangeait vendredi à plus de 95 dollars le baril, contre environ 70 dollars avant la guerre.
Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a mis en garde les Américains, affirmant qu'ils seraient bientôt « nostalgiques» d'un carburant à 4 ou 5 dollars le gallon.
Téhéran restreint le passage des navires par le détroit d'Ormuz en réaction à la guerre d'agression israélo-américaine non provoquée.
L’Iran a autorisé le passage des navires desservant des pays neutres, comme la Chine, tout en empêchant les bâtiments affiliés aux agresseurs et à leurs soutiens de transiter par le détroit.
Les États-Unis et Israël ont lancé une nouvelle vague d'agression contre l'Iran le 28 février, environ huit mois après avoir mené des attaques non provoquées contre le pays.
L'Iran a rapidement riposté en lançant des salves de missiles et de drones contre les territoires occupés par Israël, ainsi que contre des bases et des intérêts américains dans la région.
Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril et, le 18 juin, les présidents iranien et américain ont signé un mémorandum d'entente visant à mettre fin à la guerre et à entamer un processus diplomatique de 60 jours destiné à régler leurs différends.
Cependant, la reprise des frappes américaines a une nouvelle fois déclenché une riposte iranienne.